'homophobie au travail

L’homophobie au travail prend différentes formes, qui sont à peu près les mêmes qu’ailleurs : moqueries, injures, discriminations, mise à l’écart, harcèlement... Il y a pourtant des particularités : il y a souvent un rapport de force entre employeurs et employés, en principe contrôlé par la loi ; la vie privée des uns et des autres est supposée être protégée ; les employeurs doivent assurer des conditions de travail décentes à chacun, ce qui doit exclure les relations déplaisantes, fondées sur l’hostilité ou la discrimination.
En pratique, hélas, ce n’est pas toujours respecté. L’homophobie peut être le fait des employeurs eux-mêmes, ou de responsables dans une hiérarchie. Ces derniers peuvent aussi couvrir ou ne pas prendre au sérieux des comportements homophobes de salariés à l’égard d’un collègue. Néanmoins, avec les années, la question a cessé d’être taboue dans de nombreuses entreprises et il existe des possibilités de défense et d’action contre ces comportements.

Manifestations principales
On pense souvent aux formes explicites : réflexions ou moqueries (ex : "c’est du travail de tapette", "tu t’habilles comme une femme", "un vrai mec, cette gonzesse !"…) ou injures directes. Pourtant, c’est surtout indirectement que l’homophobie s’exprime souvent : mise à l’écart d’un-e salarié-e par les autres ou par ses supérieurs hiérarchiques, surcharge de travail, comportements déplacés ou dominateurs, absence de confiance témoignée à une personne quand elle serait nécessaire… Souvent, ces comportements relèvent de ce qu’on appelle les discriminations : le/la salarié-e n’est pas traité-e comme les autres. Si la situation peut être prouvée, elle est passible de sanctions judiciaires.
Quand les formes d’hostilité se multiplient, on entre dans le harcèlement, le plus souvent moral, sur le lieu de travail. Il est entretenu par des agissements répétés (réflexions blessantes, climat pesant, isolement…), d’un supérieur hiérarchique mais aussi entre collègues. Ils ont pour conséquence une dégradation des conditions de travail du salarié, susceptible de porter atteinte à son moral et à sa santé. Ces agissements sont interdits et représentent une violation des droits du salarié. Certaines manipulations peuvent s’avérer encore plus vicieuses. En effet, l’employeur ou le responsable hiérarchique peuvent entraîner le salarié à la faute professionnelle de façon à le licencier sans reconnaître le véritable motif.
Très vite la situation peut se dégrader. Le/la salarié-e voit sa santé affectée, il/elle se replie sur lui/elle-même, parfois jusqu’à la dépression, voire dans une situation d’incapacité de travail. En effet, chacun-e a besoin de gagner sa vie, ce qui rend vital, pour l’immense majorité, la nécessité de travailler. Subir de l’homophobie au travail est donc particulièrement insécurisant. La combattre est parfois délicat, mais nécessaire.

Le cas particulier des mineurs qui travaillent et des "petits boulots"
Pour les jeunes qui travaillent avant leur majorité (apprentissage, jobs d’été, etc.), la situation est souvent compliquée par le fait qu’il s’agit d’emplois précaires et dépendants. Les patrons ou les salariés plus expérimentés se sentent parfois autorisés à des comportements qu’ils n’oseraient pas avoir face à des adultes, ce qui peut aller jusqu’à des extrémités comme le harcèlement sexuel, même si celui-ci est rare. Il faut savoir que la justice est beaucoup plus sévère dans les cas d’abus sur mineurs.
Dans tous les cas, si vous subissez de l’homophobie au travail alors que vous êtes mineur-e, il faut savoir que les sanctions sont nettement accrues, et il ne faut en aucun cas vous laisser intimider.

Que faire face à une situation homophobe sur son lieu de travail ?
Les salariés victimes d’agissements homophobes disposent d'un recours devant différents organismes (conseil de prud'hommes, tribunal administratif, justice) pour les faire cesser ou demander réparation du préjudice subi. Mais avant toute démarche judiciaire, le salarié peut faire intervenir des personnes dans son entreprise : la direction des ressources humaines (quand il y en a une), les représentants du personnel ou les délégués syndicaux, voire la direction. Il peut également saisir l'inspection du travail. Après, tout change selon l’accueil que l’on reçoit. Il est également possible de prendre conseil auprès de lignes d’information spécialisées ou de permanences d’avocat. Un appel sur la ligne de SOS homophobie permettra d’obtenir des informations plus adaptées à une situation personnelle.
Au cours d’une procédure judiciaire, le salarié ou la personne mise en cause peuvent engager une procédure de médiation. Le choix du médiateur fait l'objet d'un accord entre les parties. Le médiateur tente de les concilier et leur soumet des propositions écrites en vue de mettre fin au problème. En cas d'échec de la conciliation, il informe les parties des éventuelles sanctions encourues et des garanties prévues en faveur de la victime.



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