ink boy

Les pink boys sont des jeunes garçons dont le comportement, les goûts ou les modèles sont féminins. Cette expression remplace peu à peu "fille manquée", et d'autres formules encore plus négatives, car le regard sur ces enfants est en train de changer. Fans de princesses, aimant le rose, le violet et les couleurs pastel, s'identifiant systématiquement à des héroïnes plutôt qu'à des héros, leurs goûts sont en désaccord avec une certaine image du garçon - qui devrait être un petit homme en devenir, déjà masculin et viril. L'image de la "fille manquée" était dégradante - "manquée" c'est-à-dire ratée et fausse, et se rabaissant à un statut de fille, moins valorisé que celui de garçon dans des sociétés encore assez sexistes. D'ailleurs, l'image inverse du "garçon manqué" est mieux connue et moins mal perçue, car elle renvoie à des "qualités" masculines, par exemple la force, le goût du sport, la rapidité et la réactivité.

On juge les pink boys "hors-normes", parce qu'ils ne rentrent pas dans le moule. Mais ce moule a été élaboré par nos sociétés. Le fait de distinguer dans les catalogues de jouets une partie rose pour les filles et bleue pour les garçons est récente. La séparation entre ce qui est propre aux filles et ce qui est propre aux garçons s'est lentement approfondie sur des décennies depuis l'après-guerre. Ce n'est pas depuis toujours qu'il existe des jouets, des habits, des modèles de comportement pour l'un ou l'autre genre. Si on laisse aux enfants le choix du jeu, comme c'est le cas dans les crèches en Suède, des garçons jouent à la poupée ou des petites filles bricolent, jouent à des jeux de construction, etc. En revanche, les familles, les autres enfants et l'entourage en général, incitent très souvent un petit garçon ou une petite fille à se conformer à la norme.

Aujourd'hui, une attitude plus tolérante à l'égard des garçons féminins se développe. La culture commence à utiliser l'image du pink boy : déjà, en 1997, le film Ma Vie en Rose du belge Alain Berliner regardait avec humour et humanité un petit garçon dont les goûts et les centres d'intérêt mettaient la panique dans son entourage. Aujourd'hui, voici Bichon, héros sensible et girly de la BD de David Gilson, qui nous montre une autre facette de ces enfants atypiques. Mais la fiction n'est pas tout. Sur les blogs (en anglais) Pink is for boy et Gendermom, des mamans racontent leur vie au quotidien avec leur enfant : la réaction de l'entourage, comment elles expliquent la situation à leurs proches etc. On pourrait dire que ce qui est nouveau dans ce phénomène, c'est que de plus en plus de gens tendent à mieux l'accepter et le tolérer.

 

Georges du Frêne (Ludovic) dans Ma Vie en rose d'Alain Berliner (1997)
 
Depuis quelques années, le regard change sur ces enfants qui ne sont plus forcément traités comme des être bizarres ou malades à montrer d'urgence à un psychiatre, mais qu'on peut laisser s'épanouir à leur manière. En évitant de les cataloguer trop tôt, ils peuvent grandir et se construire librement, et rien n'est écrit à l'avance : en effet, des études ont constaté qu'environ la moitié d'entre eux deviennent à l'adolescence des garçons homosexuels, un quart des filles transgenre et un autre quart des garçons hétérosexuels.

 
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