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Le mot anglais “queer” a connu un succès considérable dans les années 1990, bien au-delà des seuls pays de langue anglaise. À une époque de division entre lesbiennes, gays, bisexuel-le-s et trans, le terme voulait regrouper toutes les personnes subissant une discrimination en raison de leur orientation sexuelle ou de leur identité de genre, avec une forte dimension antisexiste et antiraciste. Autrement dit, se revendiquer queer était un geste politique et social, faisant d’une vieille insulte un motif de fierté.

Le mot est ancien et signifie en anglais quelque chose entre "bizarre", "étrange" et "malade". Il a été utilisé comme insulte désignant les homosexuels masculins au XXe siècle, et réapproprié par des homosexuels "virils" qui voulaient se distinguer des fairies ("tantes", ou homosexuels efféminés), avant d’être éclipsé par gay. Sa résurrection récente a un sens beaucoup plus universel, puisqu’il embrasse l’ensemble de l’arc-en-ciel LGBT, y compris les hétérosexuels efféminés. Le problème du terme "queer" est la difficulté à lui trouver des équivalents dans d’autres langues. En outre, il n’est ni simple à comprendre ni aisé à prononcer, à la différence de gay, par exemple. Ce n’est pas le moindre paradoxe pour un mot à la vocation universelle.

 


Photo du haut : Salomé Stévenin dans Clara cet été-là de Patrick Grandperret

 


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