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 ivre jeunesse gay
Cathy Ytak, 50 minutes avec toi, Actes Sud junior, « D’une seule voix », 2010. (G)
"Tout s’est passé trop vite. Je suis entré dans la pièce, je t’ai parlé, et t’es tombé." C’est sur ces mots abrupts que commence ce bref roman de Cathy Ytak. Un adolescent de 17 ans parle à son père, étendu par terre, sans savoir s’il est vivant ou mort. Et ces 50 minutes (76 pages) sont l’occasion pour ce fils de dire tout ce qu’il a sur le cœur à un père violent et intraitable.
Au fil de phrases brèves et heurtées, nouées par la souffrance et la colère, le lecteur découvre petit à petit un engrenage redoutable : celui dans lequel un jeune garçon a découvert, à sept ans, la face de plus en plus sombre et cruelle de son père. Pendant les dix ans qui ont suivi, il a subi une maltraitance de plus en plus dure, où les paroles blessantes ont peu à peu remplacé les coups, sous le regard comme aveugle d’une mère trop souvent absente. Pourtant, à seize ans, le narrateur a trouvé un nouvel espoir dans l’amour. Mais cela n’a fait qu’empirer les choses…
Les livres "jeunesse" en français qui parlent d’homosexualité abordent rarement des sujets durs (comme le harcèlement scolaire, les problèmes familiaux). Ce roman de Cathy Ytak, d’une très grande noirceur, crée une exception, dans son portrait implacable d’un père violent et homophobe. Alternant des moments d’un réalisme à faire peur et de discrètes échappées dans le léger ou le poétique, 50 minutes avec toi est une réussite, et peut-être un tournant dans un genre qu’il renouvelle.
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