émoignage

C'est juste de l'amour

Bonjour, je me nomme Greg*, j'ai 17 ans. Je vous écris pour parler de moi mais surtout pour aider les autres. J'aime beaucoup écrire, surtout quand c'est un sujet qui me tient à cœur. Voilà, alors depuis bientôt quatre ans, je ne cessais de me poser des questions : "suis-je normal ?", "est-ce-que ça se guérit ?", "pourquoi je suis pas comme tous ces garçons qui parlent de filles comme d'une drogue pour eux ?". Quand on est petit, on ne prend pas conscience de ce qu'il nous arrive et encore moins des conséquences que cela va engendrer. Depuis bientôt deux ans, j'ai rencontré une fille formidable, marrante et à qui j'ai pu me fier : cette fille, c'est ma meilleure amie Lola*. J'ai pu lui dire mes pensées et mes peines jusqu’à lui révéler mon attirance pour les garçons. Elle m'a réconforté, m’a soutenu et m’a poussé à croire en moi. Vous savez, avoir juste une personne qui croit en vous, ça vous pousse à vous surpasser. Pour tout vous dire, si elle n'avait pas été là, je ne serais pas là à vous parler. Ensuite, plus les jours passaient, plus ce sujet devenait banal, on riait, on regardait les garçons. Pourtant malgré cela, je ne me sentais pas bien, non à cause des insultes à mon sujet, cela ne me touchait pas, mais à force de mentir à ma mère, de lui répondre toujours : "Oh, les filles ? couci couça, je cherche pas...".
Je devais le lui dire, pas pour voir sa réaction mais je devais le lui dire, c’était devenu comme un devoir envers la femme qui m’a mis au monde. Alors un jour où j'allais manger avec elle, mon amie m’a conseillé d'en parler. J'avais peur, alors elle m'a dit d'en parler à mon grand frère en premier. Sa réaction fut juste réconfortante ! Son message comportait cela : "ne t’inquiète pas, tu es mon frère et je t'aimerai toujours". Et donc après je fus soulagé, j'ai pu partager mon fardeau avec mon grand frère.

Mais cette sensation de cage, de prison était toujours présente, alors il y a quatre semaines, j'ai décidé d’écrire une lettre à ma mère. Je n'ai pas cherché mes mots, j'ai juste écrit ce que mon cœur voulait dire. Un lundi matin, je mis la lettre sur la table. la fin de la lettre, je lui ai écrit de m'envoyer un message quand elle l’aura lu. Toute la matinée, je stressai pendant les cours. À midi, je vis son message et là… je fus ravi ! Elle avait plein de questions, elle ne comprenait pas, mais elle avait écrit : "je t'aime toujours". Le soir, nous avons eu une longue discussion, ma mère doutait mais à la fin elle a compris que je l’étais, oui, que j’étais gay. Cette lettre m’a enfin permis de ne plus me cacher, je pouvais vivre enfin, sans honte et être fier.        
Depuis mon coming out, ma mère porte un regard différent à présent sur les homosexuels. Maintenant quand elle me parle, elle prend soin de ne plus dire "pédé" et je la remercie. Ses questions étaient surtout portées sur mon avenir ainsi que ma relation avec mon futur petit copain : "tu sais comment se passe une relation entre hommes ?", "tu as bien vu que la société ne porte pas dans son cœur les homosexuels ?", "tu n’as pas peur pour ta sécurité si des gens le savent ?", "ça va pas être facile de vivre comme un couple normal"… Je n’appellerais pas cela de l’agressivité, pour mon cas ça ne m’a pas touché car ça m’est passé au-dessus.  Ça m’a fait un peu mal mais pas à en déprimer car j’ai relevé la tête et j’ai continué de vivre. C’était juste des questions qui lui faisaient peur, car je suis son fils, c’est normal ! Je lui ai répondu avec sincérité et lui ai dit que je me foutais des autres tant que je suis heureux avec lui. Et je lui ai dit aussi une phrase assez forte : "je préfère mourir après une heure de bonheur que de devoir survivre pendant des années de souffrance".
 
Alors voilà mon histoire mais vous qui lisez cela, oui vous, qui désespérez et qui êtes tristes : ne baissez pas les bras. Vous êtes différents des autres, soyez fiers de cela. Ce n'est pas une maladie mais de l'amour, un sentiment naturel, alors n’écoutez pas les autres, vivez votre vie, aimez qui bon vous semble. Même si le monde est dangereux, même si les critiques seront toujours présentes, le monde est vaste et les gens bien sont plus nombreux que ce que vous croyez. L’homophobie est humaine, nous avons tous peur, n'oubliez jamais que ces gens-là, ceux qui vous traitent, ceux qui vous insultent, ont juste peur de la différence. Montrez-leur que vous êtes humains, éclairez-les, parlez-leur, il suffirait de leur ouvrir les yeux pour éviter toutes ces horreurs que l'on a pu subir. Que l'on soit gay, bisexuel-le, transexuel-le, lesbienne ou hétéro, on est avant tout humain. Pourquoi donner des étiquettes ? "Gay", "hétéro", c'est juste de l'amour et ce sentiment doit nous réunir, pas nous détruire. Voilà, ainsi j’espère que mon message aura servi à aider des gens, et j’espère que d'autres auront compris que l'on ne devient pas homosexuel mais qu’on naît ainsi. C'est la vie, alors ne jugez pas les gens, ne détruisez pas leur vie, ils sont juste amoureux et c'est la plus belle magie inexplicable.  


 
Témoignage reçu en mai 2015
* les prénoms ont été modifiés.


Le commentaire de C'est comme ça :
Comme beaucoup de parents, la mère de Greg a eu énormément de question à lui poser au moment de son coming out. Elle n'était pas particulièrement sensible au sujet de l'homosexualité et lui a posé des questions qui peuvent paraître assez naïves et déstabilisantes. Comme si c'était un choix ! C'est pour cela que nous vous conseillons régulièrement de prendre votre temps pour bien préparer votre coming out, et bien anticiper les questions possibles et les réponses que vous pourrez donner. C'est important pour que, comme Greg, ces interrogations ne vous blessent pas. Et c'est important aussi pour rassurer vos parents dont les questions cachent une très grande inquiétude. Pour vous y préparer, nous vous conseillons la lecture de ces deux brochures très bien faites : "Notre enfant est homosexuel" par l'association Contact, et "Mon Fils, ma fille est homo... Qu'est-ce que ça change?" par Exaequo Belgique. Et peut-être même que l'article "10 conseils pour les parents d'ados LGBT" pourra les intéresser !

 

Pour témoigner sur le site de C'est comme ça, vous pouvez écrire à l'adresse suivante : cestcommeca@sos-homophobie.org. Attention à bien lire la charte des témoignages avant de nous écrire.

 

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